La transition énergétique des bâtiments industriels
Face aux défis climatiques et à la hausse des prix de l’énergie, les entreprises industrielles investissent massivement dans des panneaux photovoltaïques. Cette technologie, rentable et « respectueuse de l’environnement » à moyen terme, est de plus en plus utilisée sur les toits des entrepôts et dans les parkings des plateformes logistiques.
Selon EDF, l’investissement peut être amorti en 9 à 20 ans, pour une durée de vie des panneaux allant de 20 à 50 ans. Portée par des incitations gouvernementales devenues des obligations, notamment avec la loi APER, cette croissance rapide n’est pas sans danger sur le plan technique, réglementaire et des assurances.

Inspection de chantier d’un entrepôt logistique avec PPV
Chez PDCA Engineering, nous accompagnons depuis plus de 10 ans et avec 30 ans d’expérience, les acteurs industriels et notamment de la logistique dans la sécurisation, la mise en conformité et la gestion de crise qui peut être parfois liée aux panneaux photovoltaïques.
1. Un cadre légal en évolution : de l’incitation à l’obligation
Depuis l’entrée en vigueur de la loi APER (Loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables) du 10 mars 2023, cette dernière a profondément modifié les obligations des entreprises :
- Article L171-4 du Code de la construction et de l’habitat : impose à compter du 1er
juillet 2023vd’intégrer soit un procédé de production d’énergies renouvelables, soit
un système de végétalisation basé sur un mode cultural garantissant un haut degré
d’efficacité thermique et d’isolation, favorisant la préservation et la reconquête de la
biodiversité. - Article 40 : obligation d’implanter des panneaux photovoltaïques sur ombrières sur
les parcs de stationnement extérieurs existants au 1er juillet 2023, de plus de 1500
m2, sur au moins 50 % de la superficie des parcs.
Les acteurs du secteur logistique sont donc directement touchés. Cette réglementation, associée à des défis d’efficacité énergétique, pousse les industriels à installer de plus en plus de panneaux photovoltaïques. Toutefois, cette expansion suscite aussi des questions d’ordre technique, juridique et particulièrement de sécurité.

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2. Les risques techniques : Comprendre pour prévenir
Le risque d’incendie : le danger n°1.
Selon l’analyse du rapport AMRAE, 5 à 7 % des installations photovoltaïques sont concernées
chaque année par des incidents, dont 30 % liés à des défauts d’installation.
Les principales causes d’incendie :
- Court-circuit : souvent dû à des connexions mal réalisées ou des composants
endommagés. - Surchauffe : provoquée par une mauvaise ventilation ou un défaut de conception.
- Étincelles : issues d’un arc électrique, en contact avec des matériaux
combustibles. - Défaut de fabrication : composants défaillants ou incompatibles entre eux.
- Installation non conforme : absence de disjoncteurs adaptés, sous-
dimensionnement des fils. - Entretien négligé : accumulation de poussières ou de débris altérant le
fonctionnement des panneaux.
En 2014, dans l’Allier, un éleveur a été victime de deux incendies consécutifs en l’espace de deux mois, causés par des panneaux solaires défaillants de la marque Scheuten. À Dol-de- Bretagne en 2023, un incendie a détruit 50 m2 de panneaux solaires, nécessitant l’intervention de 38 pompiers. Plus récemment, en 2024, un feu déclenché par des panneaux photovoltaïques a conduit à la destruction d’un chai de Cognac en Charente.

3. Les autres risques, souvent sous-estimés
Surcharge et installation plug-and-play ; Les kits dits « plug-and-play » sont généralement connectés directement à des prises électriques.
Cette méthode entraîne plusieurs dangers :
- Injection en aval du disjoncteur : le courant n’est pas détecté par la protection du
circuit. - Surchauffe des fils : lorsqu’une utilisation simultanée a lieu sur le même circuit.
- Matériel inapproprié : absence de prise dédiée, disjoncteur sous-dimensionné.
La foudre : un facteur aggravant.
Si un parafoudre est fortement conseillé, le compteur de coups de foudre joue également un
rôle clé :
- Il ne protège pas, mais il enregistre les impacts subis par la structure.
- Il facilite la traçabilité et la justification en cas de sinistre.
- Il permet de déclencher des opérations de maintenance ciblée.
4. Les aspects réglementaires et juridiques : ce que vous devez savoir. Garantie décennale : qui est concerné ?
- Applicable aux panneaux intégrés à la toiture et participant à sa fonction de
couverture. - Non applicable aux installations en surimposition ou destinées uniquement à la
revente. - Pour les ombrières, deux critères cumulatifs doivent être remplis : ancrage au sol et
nature substantielle des travaux.
Un arrêt de la Cour de cassation du 21 mars 2024 a renforcé cette distinction : les équipements ajoutés sur des bâtiments existants ne sont pas couverts par la garantie décennale sauf s’ils modifient la structure de l’ouvrage.

5. Bonnes pratiques pour sécuriser votre installation
a. Avant l’installation : il faut anticiper les risques
- Réaliser une étude complète de la structure et de l’électricité.
- Sélectionner des matériaux certifiés et appropriés à l’environnement (salinité, vent,
neige). - Installer un disjoncteur différentiel calibré et prévoir une prise renforcée adaptée.
- Prévoir une signalisation claire des zones techniques.
b. Pendant l’installation : exigence et rigueur
- Vérification du serrage de chaque cosse et connecteur.
- Double contrôle croisé par deux techniciens.
- Conformité aux normes NF C15-100 et UTE C15-712-1.
c. Après l’installation : il faut mettre en place un entretien et une surveillance
- Maintenance annuelle : contrôle du câblage, de l’onduleur et du système de coupure.
- Nettoyage régulier des panneaux : afin de maintenir l’efficacité et d’éviter la surchauffe.
- Utilisation de la thermographie infrarouge par drone : détection précoce des points
chauds. - Actualisation du PDI (Plan de Défense Incendie) ou POI (Plan d’Opération Interne).
6. En cas de sinistre : réagir vite et bien
En cas d’incendie sur une installation photovoltaïque, il est essentiel de couper rapidement
l’alimentation électrique, à la fois en courant continu (DC) et en courant alternatif (AC). Les organes de coupure DC, sont situés entre les panneaux et l’onduleur et ils permettent d’interrompre le courant produit par les modules. Les coupures AC, sont placées après l’onduleur, ils permettent d’isoler l’installation du réseau du bâtiment.
Ces dispositifs doivent être facilement accessibles, clairement identifiés et mentionnés dans
les PDI/POI.
Il est également impératif d’informer les pompiers de la présence de l’installation photovoltaïque, de leur transmettre les plans à jour et de former le personnel à la procédure d’urgence, afin de garantir une intervention rapide et en toute sécurité.

Conclusion : accompagner la transition énergétique, sans compromettre la sécurité !
Le photovoltaïque est une technologie prometteuse pour l’avenir mais, son intégration aux
entrepôts logistiques, requiert de nombreuses précautions et des compétences notamment
en matière de risque industriel.
Chez PDCA Engineering, nous formons les intervenants à la gestion de crise, à la lecture des
plans et à la bonne coordination avec les secours.
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